Marqué par les précipitations, le millésime 2024 a été difficile dans le Bordelais. Pourtant, les domaines les plus résilients ont su relever le défi et produire des vins d’une excellente qualité qui récompenseront l’acheteur de bordeaux avisé. Nous avons soigneusement évalué ces vins pour vous présenter ici les meilleurs - et les plus grandes surprises - du millésime.
Notre acheteuse de vins de Bordeaux, Lisa Chapman, chef principale de catégorie, travaille à la LCBO depuis plus de 20 ans, dont près d’une décennie consacrée exclusivement aux vins français. Ce millésime marque sa neuvième campagne des bordeaux primeur. Elle nous livre ici ses impressions des vins du millésime 2024.
Impressions du millésime 2024
Sans pouvoir être comparé aux excellents 2022 ou 2000, le millésime 2024 présente des exemples d’excellente gestion des vignobles et de savoir-faire en matière de vinification. Ce sera le millésime où l’on pourra se procurer des vins à des prix historiquement bas.
Lors de ma visite de nombreux châteaux, le sujet de conversation était la quantité élevée de pluie en début de saison. La deuxième moitié de la saison n’ayant pas été exceptionnellement chaude ni ensoleillée comme ce fut le cas en 2022, les producteurs ont donc dû miser sur la technologie, leurs connaissances et leur patience pour élaborer leurs vins. Le résultat? Un millésime classique, plus léger et plus frais.
Le printemps 2024 a commencé avec beaucoup de précipitations et des températures douces, ce qui a entraîné un débourrement précoce et du mildiou, ainsi qu’une floraison et une coulure inégales, posant ainsi des problèmes dans le vignoble.
Les conditions ont ensuite changé de manière considérable en juillet et en août. Juillet a été relativement sec et chaud, tandis qu’en août, les températures ont augmenté et il y a eu des vagues de chaleur et beaucoup moins d’humidité, ce qui a aidé à résoudre le problème du mildiou du printemps et de juillet.
La saison a commencé tôt et s’est terminée tard, les vendanges s’achevant vers la fin septembre et le début octobre. Les producteurs ont dû soigneusement planifier leur récolte pour préserver la fraîcheur des raisins. Il s’agit d’ailleurs de l’un des meilleurs millésimes pour les vins blancs et les sauternes.
La clé de ce millésime? La sélection et le tri des raisins. Il a été défini par les décisions des intervenants dans le vignoble et à la vinerie. Le volume est en baisse dans le vignoble et il y a un plus grand pourcentage de raisins qui n’ont pas pu être vinifiés.
Dans l’ensemble, plusieurs producteurs ont géré ce millésime difficile en adoptant une vision d’avenir, en faisant preuve de patience et de sang-froid. J’ai l’impression que c’est un millésime classique qui aura besoin de temps pour évoluer. La qualité varie d’un domaine et d’un terroir à l’autre. Les techniques de gestion des vignobles et de vinification sont vraiment mises en valeur cette année. À mon avis, certains des meilleurs vins de ce millésime proviennent de Pomerol, de Saint-Émilion et de Pessac-Léognan.
Les domaines les plus remarquables selon moi ont été Château Les Carmes Haut-Brion, Château-Figeac, Château La Conseillante et Château Cheval Blanc. Et bien sûr, les sauternes et les barsacs ne vous décevront pas.
Conclusion
Le millésime 2024 est hétérogène. Les meilleurs vins tireront profit d’un séjour prolongé au cellier afin de développer leur complexité et leur structure. Certains domaines offriront leurs vins à des prix historiquement bas. Si vous n’avez jamais pris part à la campagne des bordeaux primeur, voici une excellente année pour passer à l’action. Vous ne le regretterez pas!
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Le millésime 2023 fascine à plusieurs points, car il se démarque complètement des millésimes récents, et pas seulement en raison de ce qui s’est passé dans les vignobles. Un assortiment complexe de facteurs environnementaux et commerciaux en a fait un millésime qui, tout en ayant présenté des défis, offre d’excellentes occasions d’achat aux œnophiles avertis.
Nos impressions sur le millésime
Contrairement à la sécheresse de 2022 ou au gel de 2021, aucun événement météorologique particulier ne défini le millésime 2023. Le temps humide et les problèmes de mildiou qu’il a occasionnés ont posé des problèmes importants à certains producteurs, mais ils n’étaient pas suffisamment répandus pour caractériser le millésime. Pour ceux qui ont su bien gérer les pressions liées au mildiou, la taille de la récolte est saine. Si l’on ajoute à cela la conjoncture économique incertaine, la faiblesse de la demande mondiale et ce que l’on considère généralement comme un millésime inégal, nous nous attendons à des baisses de prix significatives comparativement aux 2022. Au moment d’écrire ces lignes, nous pouvons affirmer que la plupart des châteaux réduiront leurs prix de 15 à 25 %, voire davantage.
Le millésime a commencé par un printemps humide, mais une interruption critique de la pluie à la fin de mai a fourni d’excellentes conditions pour la floraison et jeté les bases d’une récolte abondante. Cependant, le temps humide s’est poursuivi et les pressions liées au mildiou se sont maintenues jusqu’en juillet. Les méthodes de contrôle modernes ont permis de maintenir les baies en bon état, même si, pour certains producteurs, le mildiou a affecté les rendements.
L’été a été chaud, mais nuageux, avec un taux d’humidité élevé. Les vendanges de raisin blanc ont débuté à la fin du mois d’août et les vins sont très bons, avec une maturité satisfaisante et beaucoup d’acidité. Les vendanges de raisin rouge ont commencé au début de septembre, avec celles de merlot. Des pluies abondantes début septembre ont interrompu les vendanges jusqu’au milieu du mois. Le reste des vendanges s’est déroulé dans des conditions idéales, avec une longue période chaude et sèche qui s’est prolongée jusqu’à la mi-octobre. Alors que l’on annonçait de violents orages avant et pendant les vendanges, ils ne se sont jamais matérialisés et les producteurs qui ont choisi d’attendre ont été récompensés par des fruits qui ont atteint une maturité optimale et une grande intensité. Les vendanges se sont terminées à la mi-octobre et la qualité du raisin a montré qu’un automne chaud et sec peut sauver un été décevant, ce qui n’avait pas été le cas depuis longtemps dans le Bordelais.
En fin de compte, ce millésime est un millésime qui favorise les châteaux, en cela que les décisions des producteurs ont défini la qualité et le style des vins plus que les conditions météorologiques. Les pulvérisations au printemps ont été cruciales, et les producteurs ayant les bourses les mieux garnies, ou ceux qui ont fait preuve de la plus grande détermination dans le vignoble, ont le mieux réussi à limiter l’impact du mildiou. La récolte abondante devait être gérée avec doigté, en supprimant des raisins pour réduire intentionnellement les rendements et encourager le mûrissement du fruit restant. Il a fallu du courage pour parier sur la maturité physiologique potentielle et repousser les vendanges malgré les prévisions désastreuses. Ceux qui ont su prendre une telle décision ont produit des vins exceptionnels, mais les producteurs qui ont erré ont vu la qualité de leurs vins en souffrir considérablement.
D’une manière générale, les cabernets (sauvignon et franc) étaient en bonne posture pour profiter de l’automne chaud et sec, et les vins affichent une puissance et une maturité considérables. Avant tout, les grands terroirs ont produit des vins réussis, comme en témoigne le plateau de Pomerol à dominante de merlot, dont les vins figurent parmi les meilleurs du millésime.
Dans l’ensemble, les 2023 révèlent une corrélation entre les ressources financières d’un producteur (ou la détermination des vignerons à lutter contre le mildiou) et le succès de leurs vins. C’est pourquoi les meilleurs châteaux et les meilleurs terroirs ont certainement mieux réussi que les autres.
Lors de nos dégustations, nous avons souvent constaté que les vins d’un producteur donné ont soit fait bonne figure, soit souffert tous ensemble, ce qui reflète clairement les choix faits par les châteaux au cours de la saison. Les vins de Château Montrose, y compris le Château Tronquoy et son second vin La Dame, sont exceptionnels, tout comme les vins de Mouton, y compris d’Armailhac et Clerc Milon. Le Duhart-Milon 2023 de Lafite est aussi bon que tous les millésimes que nous avons goûtés. Sur le plateau de Pomerol, les vins qui ont le plus impressionné étaient La Conseillante et L’Eglise Clinet. Les vins de Lafleur étaient tous superbes, et le Grand Village offre un excellent rapport qualité-prix. Comme toujours, Christian Moueix a fait un excellent travail, en particulier avec Bélair-Monange, Latour à Pomerol et Hosanna.
Conclusion
Le millésime 2023 offre un contraste saisissant avec le 2022. En 2022, nous avons constaté une qualité constante dans toutes les régions et toutes les fourchettes de prix, mais nous avons également noté des hausses de prix, elles aussi constantes. En 2023, la qualité est plus variable, mais les prix, surtout dans le haut de gamme, baissent. Pour le consommateur avisé, 2023 est un millésime à acheter : les meilleures affaires se trouvent dans les meilleurs vins de la région. – Comité Vintages
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